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Les traumatismes oculaires : causes, traitements et recommandations

Cabinet d'ophtalmologue

Il est très fréquent que des patients viennent consulter en urgence ophtalmologique pour des pathologies telles que les traumatismes de l’œil dont la gravité varie. Un examen approfondi doit pouvoir faire état des parties de l’œil touchées par le traumatisme. Ces traumatismes sont notamment liés à des agressions, au sport, à des accidents à la maison, de la route ou de travail.
Quels sont les différents types de traumatismes, leurs causes, leurs traitements ?

Traumatismes oculaires : définition et causes

Les traumatismes oculaires sont courants. La plupart peuvent être mineurs mais doivent être pris en charge rapidement, sans quoi des complications menaçant la vue sont à prévoir. Les traumatismes graves sont susceptibles de provoquer la perte de la vision, malgré une prise en charge spécialisée.
Il faudra notamment déterminer à quel type de traumatisme a-t-on affaire.

Le saviez-vous ?

Dans 50 % des cas, les traumatismes oculaires seraient liés à des accidents survenus à la maison.

Le traumatisme à globe ouvert

Le traumatisme à globe ouvert ou « perforation oculaire » se manifeste en cas de lésion de pleine épaisseur de la cornée (partie transparente de l’œil recouvrant l’iris) ou de la sclère (formant le « blanc de l’œil »). Ces traumatismes peuvent provoquer une perte de continuité du globe. Le risque d’infection est élevé si des corps étrangers sont présents dans l’œil. Souvent, la perte de vision est très importante chez les patients qui en sont victimes.

On distingue deux composantes du traumatisme à globe ouvert : la lacération (causée par un objet tranchant) et la rupture du globe (provoquée par un objet émoussé).
Les plaies de la cornée sont courantes dans le cadre de ce traumatisme. En effet, la position de la cornée nécessite d’être directement soumise au traumatisme.

Le traumatisme à globe ouvert peut mettre en danger le globe oculaire, provoquer une infection et nécessiter un traitement chirurgical.

Le traumatisme à globe fermé

Les traumatismes à globe fermé sont aussi appelés « contusions du globe » ou « contusion oculaire ».
La contusion est un traumatisme à globe fermé provoqué par un objet mousse. Ce traumatisme peut être causé par une balle de tennis, par exemple. Celle-ci, lorsqu’elle frappe l’œil à une vitesse particulièrement élevée, peut en affecter plusieurs structures.

Les traumatismes à globe fermé comprennent également ce qu’on appelle la « lacération lamellaire » : il s’agit d’une plaie partielle de la paroi oculaire. Il existe aussi des corps étrangers superficiels de la conjonctive ou de la paroi oculaire n’ayant pas porté atteinte de pleine épaisseur.

Les contusions peuvent être à l’origine de glaucomes, de cataractes, d’inflammations, d’hémorragies, d’une pression oculaire importante, de ruptures de la choroïde*, de déchirures rétiniennes ou encore de décollements de rétine.

Traitements et recommandations en cas de traumatisme oculaire

Traitements en cas de traumatisme oculaire

Les traumatismes du globe ouvert nécessitant une intervention chirurgicale doivent être pris en charge urgemment. Ils peuvent menacer, de façon définitive, la fonction de l’œil. Quelle que soit la gravité du traumatisme, toute plaie de l’œil doit alerter sur la présence potentielle d’un corps étranger. Le diagnostic posé suite à un examen clinique seul peut ne pas suffire : il faudra des examens complémentaires. En cas de perforation oculaire ou de traumatisme pénétrant, il faudra opter pour la prise en charge chirurgicale d’urgence car il y aura un risque d’infection important et un risque de perte de l’œil notamment.

Pour les patients présentant d’importantes hémorragies (avec ou sans décollement de rétine), le traitement sera également de nature chirurgicale.

Certains traumatismes avec égratignures cornéennes ou petites lésions localisées dans la cornée peuvent nécessiter l’utilisation de collyres ou de gouttes antibiotiques. Mais il peut aussi y avoir des inflammations (uvéites). Il sera donc important d’administrer des traitements anti-inflammatoires spécialisés.

Pour les patients avec des brûlures ou des traumatismes chimiques, il est nécessaire de se laver correctement les yeux et de les nettoyer à l’aide d’un sérum physiologique quelques minutes pour dissoudre la source chimique.

Si les traumatismes provoquent des pics de tension oculaire, il faudra alors donner au patient un traitement spécifique chargé de la faire diminuer et d’endiguer les dégâts situés dans le nerf optique. Si des trous sont formés dans la rétine périphérique, il faudra intervenir avec une séance de laser.

Recommandations et prévention

Face à un traumatisme oculaire, il est primordial se rendre aux urgences ophtalmiques où un examen en profondeur sera mené.

Un patient ayant une plaie ouverte du globe doit urgemment être redirigé vers un spécialiste.
Il convient de placer une coque sur l’œil touché, contrairement à un pansement oculaire afin d’éviter de provoquer une pression sur l’œil traumatisé.

Il faut impérativement prévenir ces traumatismes, en activant des mesures de prévention dès l’école : il s’agit d’enseigner aux enfants quelles actions, quels objets peuvent provoquer des traumatismes oculaires. Les enseignants, les journalistes, les entraîneurs sportifs, après avoir été formés, doivent remplir cette mission de prévention auprès de leurs publics respectifs.

De même, il est essentiel de sensibiliser les professionnels directement liés à ce risque, comme les soudeurs, les ouvriers mais aussi les sportifs (cyclistes, footballers, etc.) De plus, beaucoup de traumatismes oculaires sont susceptibles d’être évités via le port de lunettes protectrices, au travail, par exemple. Tous produits chimiques dangereux pour les yeux doivent afficher une étiquette attestant de ce danger.

Au sein de nos interactions quotidiennes, nous devons veiller à sensibiliser sur les facteurs menaçant la santé des yeux et les actions à mener face à un traumatisme, qu’il soit léger ou grave.

Gardez à l’esprit qu’un traumatisme léger peut s’avérer grave s’il n’est pas correctement traité.

La Covid-19 est-elle un frein à la prise en charge d’un traumatisme oculaire ?

COVID-19

Il est essentiel de solliciter les urgences ophtalmiques face à un choc traumatique oculaire, tel que suggéré plus haut. Les restrictions sanitaires et le confinement ne doivent pas vous dissuader de faire appel à un spécialiste ou de vous rendre aux urgences en cas de traumatismes oculaires. 

Vous devez toujours être attentifs à certains symptômes, notamment chez l’enfant. Faites appel à votre ophtalmologue ou rendez-vous à l’hôpital si ce dernier présente les symptômes ci-dessous :

  • une perte visuelle résultant d’un traumatisme ;
  • du blanc dans la pupille ;
  • un mouvement pendulaire de l’œil ;
  • un strabisme unilatéral ;
  • un œil rouge accompagné d’une sécrétion d’œdème ;
  • des douleurs ou une gêne face à la lumière.

Le saviez-vous ?

La conjonctivite peut être d’origine traumatique mais également virale. La conjonctivite peut être un (autre) facteur prédictif du coronavirus.

Si l’œil est rouge avec une sécrétion d’œdème, qu’il est accompagné de douleurs ou d’une gêne face à la lumière et que l’enfant tousse et a de la fièvre, alors pensez à la Covid-19 et appelez le pédiatre ou le médecin traitant. En revanche, si les yeux deviennent rouges après plusieurs heures d’écran, il n’y a pas forcément besoin d’une consultation physique : priorisez la téléconsultation si possible.

Pendant le confinement, nos centres restent ouverts à Paris 11, Paris 15, Reims, Lorient au Havre.

*choroïde : couche située à l’arrière de la rétine.

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