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Le décrochage scolaire peut-il être lié aux problèmes de vue des élèves ?

photo d'un enfant se tenant la tete car il a mal à la tete

En France, 450 000 jeunes auraient été sujets au décrochage scolaire en 2016, selon une source FSE Gouv. Que ce décrochage soit dû à de mauvaises expériences en scolarité, à un climat social défavorable ou encore à un milieu défavorisé sur le plan socio-économique, d’autres facteurs pourraient expliquer ce phénomène. Et si les problèmes de vue impactaient le désengagement scolaire des élèves ?

Le décrochage scolaire : une problématique d’actualité ?

Décrochage scolaire et confinement

Bien que la lutte contre le décrochage scolaire ne date pas d’aujourd’hui, elle serait un défi d’actualité après le confinement, comme le soulignait le journal Le Monde. Avant même la réouverture progressive des écoles, les enseignants se seraient questionnés sur leur « capacité réelle à ‘‘aller chercher’’ les enfants les plus en difficulté – ceux-là même qui sont ‘‘prioritaires’’ pour le retour en classe. ».
Selon France Info, Jean-Michel Blanquer aurait par ailleurs estimé que le nombre d’élèves ayant perdu contact avec leurs professeurs s’élèverait à 500 000. Le 22 juin dernier, il avait affirmé sur France Inter que la France avait un « taux de décrochage, le meilleur ou le moins mauvais » en Europe. Ces chiffres sont toutefois à relativiser : il ne s’agit que d’estimations et la comparaison ne reposerait que sur des interactions informelles avec les homologues européens.

phto d'un enfant en cours a distance

Confinement et problèmes de vue

Selon le présentateur du Magazine de la Santé sur France 5 Michel Cymes, 3 Français sur 5 auraient augmenté le temps qu’ils passent devant l’écran depuis le début de la pandémie. Les loisirs et autres activités d’extérieur étant suspendues, il est en effet tentant de passer plus de temps devant les écrans. Tablettes, smartphones, ordinateurs, télévisions,etc. Les écrans faisaient déjà partie intégrante de nos vies avant l’épidémie et pouvaient déjà menacer notre santé visuelle.

Si à ce jour, il n’existe pas de corrélation évidente entre confinement et problèmes de vue chez les élèves ou étudiants, il n’est pas exclu que ces derniers aient pu développer des problèmes de vue – peut-être déjà existants – durant cette période.

Décrochage scolaire et anomalies visuelles chez les élèves

Anomalies visuelles chez les élèves

Selon le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF), 1 enfant sur 7 présenterait une anomalie visuelle. Par ailleurs, un article Europe 1 rapportait que 30 % des élèves auraient besoin d’obtenir une correction visuelle. Une myopie non détectée, par exemple, peut favoriser le décrochage scolaire et le redoublement. La myopie serait par ailleurs en augmentation chez les écoliers. La vue étant le sens le plus sollicité, un enfant voyant difficilement est forcément désavantagé à l’école. Il peut développer des problèmes d’apprentissage, des absences à répétitions, de mauvais résultats, une fatigue conduisant à un découragement et à un désengagement scolaire.

Aussi, si des anomalies visuelles ne sont pas détectées et traitées dans l’enfance, celles-ci pourraient durer à vie. Autant dire que cela n’est pas de bon augure si un élève envisage de continuer ses études, sans bénéficier de correction (et sans même, parfois, avoir conscience des problèmes de vue qu’il développe).

« 80 % des apprentissages passent par les yeux. Prendre soin de ses yeux et rectifier les problèmes éventuels sont donc essentiel. »
(Rapporté par le site Pourquoi docteur)

Un article 20 minutes rappelle que les enfants, « champions de l’adaptation », ne se rendent pas compte que leur vue est affectée. Ils ignorent s’ils voient mal et par conséquent, ne s’en plaignent que trop peu. La vision abîmée d’un enfant peut donc aisément passer inaperçue si on ne prête pas attention à certains signes.

Prévenir et remédier aux problèmes de vue des élèves

Helen Keller Europe, association humanitaire investie dans la lutte contre la cécité et la malnutrition, attirait notre attention sur un problème de santé publique encore méconnu. Cette association a développé le programme « Plan Vue » afin de dépister et traiter les anomalies visuelles à l’école.

« Sur l’année scolaire 2019-2020, Plan Vue a révélé une prévalence des troubles visuels chez 38 % des élèves âgés de 5 à 16 ans (sur 1 072 élèves testés), un taux qui s’élève à 43 % en REP + (contre 33 % en REP). Le programme Plan Vue est désormais déployé auprès de 13 établissements REP et REP + de Nanterre, ce qui représente environ 1 100 élèves »
(Association Helen Keller Europe)

Pour déterminer si un élève présente des problèmes de vue, il faut rester attentif. L’élève plisse-t-il les yeux pour lire ? Se frotte-t-il fréquemment les yeux ? Se colle-t-il à l’écran pour pouvoir regarder la télévision ? A-t-il mal à la tête ? Pour en être sûr, il faudra prendre rendez-vous – le plus tôt sera le mieux – chez l’ophtalmologue.

Plus tôt les défauts visuels seront détectés et corrigés, plus l’évolution de troubles visuels comme la myopie sera ralentie.

 

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Dr yves gauthier
10 mai 2021 10h00

Il y a tous les troubles liés à la longueur des yeux (myopie, hypermétropie), à leur forme (astigmatisme) mais les troubles des muscles oculomoteurs ne sont qu’entrevus.
Ces troubles sont les strabismes anatomiques comme le Brown et le Stilling Dual mais il y a trente pour cent de l’Humanité qui a une malposition héréditaire des muscles obliques, surtout le muscle oblique inférieur, surtout le droit. Cela fait les migraines OPH, les “dys”, troubles de la posture et troubles latéralisation et troubles vagaux. Facile à équiper si, par miracle, l’opticien ne remplace pas le prisme nécessaire par un petit cylindre sur un axe tordu, et s’il n’essaie pas d’équilibrer le spasme de l’accommodation par un verre exagérément négatif. Et si le patient ne cède pas à la mode du “sans lunettes”.