Daltonisme : définition, origines et diagnostic

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Daltonisme : définition, origines et diagnostic.

L’étude des anomalies de la vision des couleurs (appelées dyschromatopsies) serait « l’un des aspects les moins connus de l’ophtalmologie » selon le SNOF. Pourtant, ce sujet mérite une attention particulière. Quelques éclairages au cœur de cet article.

Qu’est-ce que le daltonisme ?

Comprendre le daltonisme (dyschromatopsie)

Le daltonisme désigne la forme la plus courante de dyschromatopsie (déficience de la vision colorée ou trouble de la perception des couleurs).
Selon Universalis, le « daltonisme » doit son nom à John Dalton (1766-1844), un chimiste anglais réputé pour avoir expliqué cette anomalie à partir de sa propre vision des couleurs.

Comme le rappelle La Presse Médicale, notre vision colorée est trichromatique. Nous avons la capacité de percevoir grâce au fonctionnement de 3 systèmes : « un système récepteur » (incluant les cônes), un système de « transmission » et d’« intégration corticale ».

En revanche, la perception des couleurs peut être troublée par une anomalie (dont les origines varient) provoquant l’apparition de plusieurs types de dyschromatopsies.

Les origines du daltonisme

Il existe en effet plusieurs sortes de dyschromatopsies (héréditaires ou acquises). Les travaux universitaires d’A. Roudinsky et de C. Biancucci révèlent que les daltonismes sont concernés par les dyschromatopsies héréditaires.

Les dyschromatopsies héréditaires (DH) désignent des daltonismes incluant des monochromatismes, des dichromatismes ou des trichromatismes*.

Par ailleurs, cette déficience de la vision colorée « se caractérise par l’absence de perception des couleurs ou par une incapacité à différencier certaines teintes ou couleurs. » (Biancucci, Roudinsky, 2007-2008).

Ces troubles de la vision colorée seraient liés à « une anomalie génétique portant sur le chromosome X ce qui explique leur plus grande fréquence chez l’homme que chez la femme et leur mode de transmission […] ». (La Presse Médicale, 2008)

Les dyschromatopsies acquises (DA), elles, seraient plutôt liées à une « une altération fonctionnelle des cônes, des voies optiques ou du cortex visuel en relation avec une maladie acquise ».

*Les personnes dites dichromates, par exemple, ont une perception de « deux des trois couleurs fondamentales seulement » (Universalis).

Le daltonisme au quotidien

graphisme d'un oeil en couleur

Si une dyschromatopsie héréditaire (DH) ne peut être traitée, elle doit dans tous les cas « être dépistée et évaluée car sa présence peut être source de restrictions ou d’inaptitude professionnelle ». (La Presse Médicale, 2019).

En effet, le daltonisme au quotidien peut se traduire par une inaptitude à exercer certains métiers.

Prenons l’exemple du patient dichromate où « les confusions colorées sont importantes et la perception du monde est très différente. Ceci le rend inapte à toute tâche professionnelle ayant une forte implication colorée » (Biancucci, Roudinsky, 2007-2008).

Ainsi, parmi les métiers interdits, on retrouve ceux relatifs aux transports, à l’armée (ex : pilote), à la peinture, etc. De même, lors du passage du code ou du permis, il serait important de notifier que l’on est atteint de daltonisme.

Le saviez-vous ?

Plus de 2 millions de personnes en France seraient touchées par le daltonisme. **

** Source Pourquoi Docteur.

Diagnostiquer ou dépister le daltonisme

Diagnostic et tests de la perception des couleurs

Afin de dépister le daltonisme, il est important d’effectuer les examens nécessaires auprès de son ophtalmologue. Celui-ci doit en effet recueillir les informations requises pour déterminer le choix du test (âge, pathologie oculaire, acuité visuelle, etc.)

Plusieurs tests contribuent au diagnostic d’une dyschromatopsie. Parmi eux, on retrouve :

  • Les planches pseudo-isochromatiques (PIC) : elles serviraient surtout à diagnostiquer des dyschromatopsies héréditaires.

« En effet, leur principe est basé sur la mise en évidence des confusions colorées caractéristiques de ces dyschromatopsies. Ces albums sont d’usage pratique et rapide. Ils constituent de bons tests de dépistage des DH, en particulier le test d’Ishihara***, le plus connu et probablement le plus performant. » (La Presse Médicale, 2008)

  • Les tests de classement: il s’agit de plusieurs tests pigmentaires dans lesquels on utilise des plumiers où se trouvent des pions colorés à classer. Ces tests conviendraient aussi bien aux DH qu’aux DA.

 

*** « Le test d’Ishihara est l’album le plus utilisé chez les enfants âgés d’au moins 5 ans. Il existe une autre version du test d’Ishihara (baby dalton), utilisable pour les enfants illettrés, dont les symboles et les figures géométriques, carrées ou rondes ou en forme de serpentins […] » (Biancucci, Roudinsky, 2007-2008).

Dépistage du daltonisme chez le nourrisson

Le dépistage d’un dysfonctionnement de la vision colorée peut être réalisé très tôt auprès de nourrissons car leur vision des couleurs est déjà complète. Selon Biancucci et Roudinsky, 3 examens peuvent assurer ce dépistage :

  • La méthode dite du regard préférentiel: une fois le nourrisson isolé de son environnement extérieur et installé sur les genoux de l’accompagnateur, des cartes contenant un stimulus visuel sont présentées sur un arrière-plan uniforme et lumineux.
  • La méthode du nystagmus optocinétique: ici, un cylindre va tourner sur lui-même dans deux sens rotatifs. L’enfant se trouve devant le cylindre, assis sur les genoux de son parent. Il suit les images qui défilent.
  • Les potentiels évoqués visuels : ici, il faut utiliser un stimulateur qui permettra de tester les contrastes de couleur.

Dépistage du daltonisme chez l’enfant et l’adulte

Le saviez-vous ?
Le diagnostic peut être réalisé dès 4 ans chez l’enfant.

Test d’Ishihara.

Pour les dyschromatopsies héréditaires (DH), « le dépistage du déficit chromatique doit se faire dès que l’enfant est en âge de coopérer. Pour que le diagnostic soit fiable, il faut utiliser une batterie de tests. » (Biancucci, Roudinsky, 2007-2008).

Parmi ces tests, on peut retrouver le test des planches pseudo-isochromatiques et l’album d’Ishihara.

Vous pensez être sujet au daltonisme ?
Faites le test d’Ishihara.
Quel nombre voyez-vous ?

test d'ishihara

Pour voir les résultats, cliquez ici.

Il est également primordial de comprendre la vision des couleurs de jeunes enfants pour prévenir les handicaps scolaires et sociaux. Chez les enfants, on peut effectuer des tests à planches pseudo-isochromatiques et les tests de classement.

 

Si ce type de test peut représenter un indicateur potentiel,
il est nécessaire de consulter son ophtalmologue pour diagnostiquer au plus tôt le daltonisme.

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